Un autre chemin – Mettre fin à la dictature des marchés financiers

Pour financer le développement humain, rien ne se fera sans faire reculer le coût du capital. La vérité : ce sont bel et bien les frais et les intérêts bancaires et les dividendes qui plombent les comptes des entreprises : 309 milliards d’euros avec des dividendes et autres revenus financiers parmi les plus élevés de l’Union européenne (UE).

Ce ne sont pas ce qu’ils appellent les « coûts du travail » s’élevant à 145 milliards d’euros de cotisations sociales patronales – sommes qui d’ailleurs sont investies utilement pour la santé, ou dans la consommation populaire – qui « freinent la compétitivité ». La compétitivité – nouveau mot mais vieille conception – devient l’alpha et l’oméga pour frapper les salariés tout en préservant les profits financiers.

Mais nous ne sommes pas impuissants face aux grands groupes financiers mondiaux et à la loi de l’argent. Des milliards existent pour répondre à ces défis mais il est totalement accaparé par une poignée de profiteurs. Ces tenants de la loi de l’argent pour l’argent – et avec eux les forces politiques qui les soutiennent – font des efforts colossaux pour imposer leurs idées : ce seraient les nouvelles technologies qui seraient la cause de tous les maux, ou encore la mondialisation capitaliste serait un phénomène irréversible et la compétitivité serait la règle d’or… Or, la révolution informationnelle autorise de nouvelles conceptions de la production, du travail, des échanges et la productivité a augmenté de façon considérable ces dernières décennies sans que les salaires ou la durée du travail en profitent.

Cela tient à l’utilisation qui en est faite, dans le but prioritaire d’accroître les rendements financiers du capital, de détruire les rivaux sur les marchés. Les énormes économies de travail permises par les technologies numériques servent avant tout à réduire les masses salariales et l’emploi, ce qui freine les débouchés de la production. Les politiques d’austérité exacerbent ainsi ces cercles vicieux en conduisant à la dépression.

À l’opposé, diminuer fortement le temps de travail et permettre à chacun-e de passer beaucoup plus de temps, tout le long de sa vie active, à se former, se cultiver, développer ses capacités, vivre sa vie sociale et familiale serait une formidable vitalité à toute la société. Les prétendues politiques de l’offre poussent à accumuler considérablement les capitaux matériels et financiers et préparent ainsi de nouveaux éclatements.

Une profonde réforme de la fiscalité est nécessaire. Elle devrait inciter les entreprises à financer des investissements porteurs de créations d’emplois et de formations correctement rémunérés et serait pénalisante en cas de distribution de bénéfices sous forme de dividendes ou d’utilisation contre l’emploi et la croissance réelle ou contre l’environnement. Impôt local décentralisé sur le capital des entreprises, mise à contribution à faible taux des actifs financiers, ou encore réforme des barèmes de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et de l’impôt sur le revenu pour les rendre plus progressifs avec un taux zéro de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les produits de première nécessité seraient des mesures incontournables, à la fois justes et efficaces.

En vérité, on le constate, tout cela est le fait de décisions politiques.

On peut, dans les faits, s’attaquer à ces orientations et à cette incroyable concentration de richesses néfaste pour la société.

Une réflexion au sujet de « Un autre chemin – Mettre fin à la dictature des marchés financiers »

  1.  
    La propriété privée des grands moyens de production et d’échange est aux fondements du capitalisme et de l’exploitation du travail (travail salarié des ouvriers, employés, ingénieurs et cadres, soit 80 % de la population active, voire celui des agriculteurs, artisans et TPE – PME dont les revenus sont contrôlés et dominés par les banques, la grande distribution et les grandes entreprises donneuses d’ordres).
     
    Et aujourd’hui, à l’époque de la mondialisation et de la financiarisation de l’économie, au-delà de cette propriété des moyens de production, nous ajoutons : la détention privée des capitaux financiers……Voila pourquoi le communisme met au cœur de ses objectifs l’ « appropriation collective et sociale» de ces de grands moyens, industriels et financiers, essentiels à l’activité économique…..Ce qui est autre chose que l’ « étatisation » pratiquée historiquement jusqu’ici par la Gauche au pouvoir, avec les « nationalisations ».
     
    Cela nous conduit aujourd’hui à proposer, au-delà du caractère public à réaffirmer et à renforcer des grandes entreprises de l’énergie, des transports et des télécoms : la constitution de grands pôles publics industriels dans les secteurs clés de l’industrie, dépassant les limites rencontrées lors des nationalisations de la Libération et de 1981. En effet, une simple substitution de la propriété d’Etat en lieu et place de la propriété privée précédente ne change pas en profondeur les critères de gestion des ces entreprises : les gouvernements successifs ont géré les entreprises publiques en fonction de leurs options libérales dominantes……Situation qu’on ne peut dépasser qu’ au travers des droits nouveaux reconnus, de contrôle et de décisions stratégiques : pour leurs salariés, usagers ou clients des groupes publics industriels ; pour les usagers, élus et agents publics des grandes entreprises publiques des services publics .
     
    Nous proposons aussi la constitution d’un puissant pôle publics du Crédit pratiquant des taux d’intérêts sélectifs (sur critères de création d’emploi et d’investissements – recherche – formation), ainsi qu’ une réforme fiscale frappant les profits financiers ( les coûts du capital : dividendes aux actionnaires, évasion fiscale, prélèvements d’intérêts bancaires) et donnant à l’Etat et aux collectivités les moyens budgétaires du service public et d’un Etat stratège et planificateur en matière économique et industrielle. (Nous récusons la régulation par la concurrence : la « main invisible du marché »).
     

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