Un autre chemin – L’emploi pour toutes et tous doit devenir une cause nationale

Les dogmes libéraux gouvernent la politique économique des gouvernements depuis des décennies.

L’obsession de la baisse du « coût du travail » (salaires + cotisations sociales) domine nos dirigeants. Tout est conditionné à la compétitivité, à la baisse des dépenses publiques et sociales ou à la réduction des déficits et dettes publics.

Cette cohérence nourrit les catastrophes. Il convient de l’affronter et d’y opposer une nouvelle.

  • Nous disons : baisse du coût du capital au nom de l’efficacité sociale contre la baisse du « coût » du travail comme dit le patronat au nom de la compétitivité.
  • Nous disons : sécurisation de l’emploi, de la formation et des revenus du travail ; plus aucun soutien public aux entreprises sans contreparties chiffrées et contrôlables à l’opposé de la flexisécurité, et la précarité.
  • Nous disons : développement de tous les services publics et de la Sécurité sociale vers un nouveau modèle social européen de progrès contre le pacte de stabilité et l’austérité.
  • Nous disons : mobilisation de la monnaie créée par la Banque centrale européenne (BCE), création d’un Fonds social, solidaire et écologique, nouveau crédit sélectif pour l’emploi, formation et progrès écologiques, ou encore pôle financier public décentralisé à l’opposé des priorités données sans cesse aux marchés financiers.

Le droit à l’emploi pour toutes et tous ainsi que la formation correctement rémunérés tout au long de la vie pour chacune doivent devenir une cause nationale.

Imposons des reculs au toutpuissant actionnariat privé et réorientons le système bancaire vers le financement des investissements pour l’emploi, les qualifications, les salaires et pour le respect de l’environnement.

Ouvrons des droits nouveaux, aux travailleuses et aux travailleurs, aux citoyennes et citoyens pour leur intervention dans les affaires du pays, de la cité et l’entreprise !

Et puis, un grand service public national de la formation continue qu’il est incontournable de relancer permettra d’anticiper les besoins et de développer les nouveaux métiers liés aux défis de la révolution informationnelle, de la transition énergétique.

Dans tous les aspects de la vie, ce nouveau contrat social aura pour fondement la mutualisation, la coopération et le partage contre la concurrence, la République de toutes et tous et pour toutes et tous contre l’exclusion, la mise en commun contre la privatisation, l’autonomie et la sécurisation des parcours de vie des jeunes contre leur précarisation à outrance, le développement humain durable contre le productivisme capitaliste qui conduit aux gâchis, l’autonomie et la sécurisation des parcours de vie des jeunes contre leur précarisation à outrance, les services publics contre la marchandisation démesurée. En tout lieu le mot partage sera la base et la boussole du « vivre ensemble ».

Changeons le logiciel : partons des besoins communs, mobilisons les savoirs, explorons les possibles. Voilà la voie nécessaire et efficace.

Un autre chemin – Vers un nouveau mode de développement social et écologique

Parce qu’ils sont inséparablement liés, nous donnons d’un même mouvement priorité aux intérêts de notre planète et à l’immense majorité de notre peuple.

Partir des besoins, c’est produire des biens et des services utiles et durables, c’est sortir de l’obsolescence programmée, c’est produire avec moins d’énergie et de matière première, c’est se préoccuper de la préservation de l’environnement.

La place des sciences, des techniques et de la recherche, les savoirs et leur appropriation au plus haut niveau sont des dimensions incontournables pour sortir de la crise et faire face aux immenses défis du présent et de l’avenir. L’enseignement supérieur et la recherche constituent un potentiel qui doit être libéré des logiques de concurrence pour être pleinement déployé, notamment par le développement de l’emploi scientifique ou des logiques de coopération (à l’image du Cern). Il importera aussi de soutenir et d’enrichir le débat citoyen sur la place des sciences, des techniques et de la recherche dans la société.

Il ne faut pas donc compter sur nous pour laisser aux générations futures une planète dévastée par les appétits égoïstes des capitalistes. Nous participons pleinement à la prise de conscience écologique planétaire comme à dépasser le très grave déficit démocratique écologique.

La qualité de l’air est devenue un enjeu crucial de santé. C’est vrai dans les métropoles et au-delà. Le développement des transports en commun de qualité, à bas prix et avec un fort maillage, comme celui du fret ferré et fluvial, doit devenir une priorité et l’étalement urbain reconsidéré.

L’eau est un bien commun de l’humanité. Sa gestion doit être sortie des griffes des multinationales et rester de compétence communale. Un service public national décentralisé doit être créé afin d’accompagner les élu-e-s.

Face à l’effondrement industriel que nous subissons, initions une politique industrielle audacieuse et adaptée aux réalités contemporaines. L’industrie, ce doit être le développement des territoires, de l’é cologie, la réponse au défi de la transition énergétique, ou encore les progrès pour la santé. Sans tracteurs, pas d’agriculture, sans trains, caténaires, camions ou satellites, pas de transports possibles, sans industrie chimique, pas de santé possible. Sans industrie repensée, pas de transformation écologique.

À l’opposé de visions étroites et passéistes, faisons d’un même combat industrie et écologie : produire mieux, produire pour répondre aux besoins de toutes et tous avec l’exigence de qualité et de durabilité privilégiant le temps long du développement humain à la course effrénée de la recherche du profit.

L’enjeu alimentaire interpelle nos civilisations. Nouveau mode de développement, cela signifie produire plus et mieux quand notre planète devrait compter 9 à 10 milliards d’êtres humains d’ici à 2050. Notre croissance est celle d’un développement en faveur d’une alimentation de qualité, saine et accessible à toutes et tous, assise sur des productions relocalisées.

Cette démarche, visant priorité aux productions utiles contre la finance débridée et aux économies des ressources :

  • C’est un appel à initier de profondes innovations dans l’organisation de la société, et la conception même de la production : recycler tout ce qui peut l’être, en finir avec le jetable et concevoir une économie du réparable et du récupérable ;
  • C’est un appel à mettre en œuvre de grands plans de formation, des investissements, et des conceptions nouvelles pour les valeurs des produits en liant réponses aux besoins utiles avec respect de l’environnement et recyclabilité;
  • C’est un appel à faire du neuf dans les filières, avec la création de milliers d’emplois, un développement sans précédent de la recherche.La réussite passera par des droits d’intervention des salarié-e-s sur les stratégies et les gestions.

    Elle passera par de nouveaux critères de propriété pour que le partage et les coopérations l’emportent sur la concurrence érigée en système.

C’est aussi un appel à renforcer le rôle et le fonctionnement de services publics démocratisés et modernisés tout comme ceux de la protection sociale.

Un autre chemin – Mettre fin à la dictature des marchés financiers

Pour financer le développement humain, rien ne se fera sans faire reculer le coût du capital. La vérité : ce sont bel et bien les frais et les intérêts bancaires et les dividendes qui plombent les comptes des entreprises : 309 milliards d’euros avec des dividendes et autres revenus financiers parmi les plus élevés de l’Union européenne (UE).

Ce ne sont pas ce qu’ils appellent les « coûts du travail » s’élevant à 145 milliards d’euros de cotisations sociales patronales – sommes qui d’ailleurs sont investies utilement pour la santé, ou dans la consommation populaire – qui « freinent la compétitivité ». La compétitivité – nouveau mot mais vieille conception – devient l’alpha et l’oméga pour frapper les salariés tout en préservant les profits financiers.

Mais nous ne sommes pas impuissants face aux grands groupes financiers mondiaux et à la loi de l’argent. Des milliards existent pour répondre à ces défis mais il est totalement accaparé par une poignée de profiteurs. Ces tenants de la loi de l’argent pour l’argent – et avec eux les forces politiques qui les soutiennent – font des efforts colossaux pour imposer leurs idées : ce seraient les nouvelles technologies qui seraient la cause de tous les maux, ou encore la mondialisation capitaliste serait un phénomène irréversible et la compétitivité serait la règle d’or… Or, la révolution informationnelle autorise de nouvelles conceptions de la production, du travail, des échanges et la productivité a augmenté de façon considérable ces dernières décennies sans que les salaires ou la durée du travail en profitent.

Cela tient à l’utilisation qui en est faite, dans le but prioritaire d’accroître les rendements financiers du capital, de détruire les rivaux sur les marchés. Les énormes économies de travail permises par les technologies numériques servent avant tout à réduire les masses salariales et l’emploi, ce qui freine les débouchés de la production. Les politiques d’austérité exacerbent ainsi ces cercles vicieux en conduisant à la dépression.

À l’opposé, diminuer fortement le temps de travail et permettre à chacun-e de passer beaucoup plus de temps, tout le long de sa vie active, à se former, se cultiver, développer ses capacités, vivre sa vie sociale et familiale serait une formidable vitalité à toute la société. Les prétendues politiques de l’offre poussent à accumuler considérablement les capitaux matériels et financiers et préparent ainsi de nouveaux éclatements.

Une profonde réforme de la fiscalité est nécessaire. Elle devrait inciter les entreprises à financer des investissements porteurs de créations d’emplois et de formations correctement rémunérés et serait pénalisante en cas de distribution de bénéfices sous forme de dividendes ou d’utilisation contre l’emploi et la croissance réelle ou contre l’environnement. Impôt local décentralisé sur le capital des entreprises, mise à contribution à faible taux des actifs financiers, ou encore réforme des barèmes de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et de l’impôt sur le revenu pour les rendre plus progressifs avec un taux zéro de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les produits de première nécessité seraient des mesures incontournables, à la fois justes et efficaces.

En vérité, on le constate, tout cela est le fait de décisions politiques.

On peut, dans les faits, s’attaquer à ces orientations et à cette incroyable concentration de richesses néfaste pour la société.

Un autre chemin – Faire de l’émancipation des travailleuses et des travailleurs le moteur de la transformation sociale

Assez du travail contraint, méprisé et dévalorisé.
Les valeurs de la République ne peuvent plus s’arrêter aux portes de l’entreprise.

Celles et ceux qui, par leur travail, créent les richesses doivent pouvoir prendre en main leur avenir. En mettant en commun leur intelligence collective, elles et ils doivent être les actrices et les acteurs de la transformation sociale.

L’organisation du travail ne peut plus être l’apanage du bureau des méthodes et de responsables de la gestion des ressources humaines, organisant la concurrence et la compétition permanente entre salariés. Les travailleuses et les travailleurs doivent pouvoir reprendre la main sur leur travail, lui donner un sens, libérer leur créativité, et accroître leur compétence dans le cadre d’une organisation collective coopérative. C’est autant une question de liberté que d’efficacité sociale.

Il faut en finir avec les discriminations professionnelles entre les femmes et les hommes qui prolongent dans l’organisation du travail salarié la répartition des rôles selon les sexes pour tirer les conditions de travail et les salaires vers le bas. Il est temps de revaloriser les métiers, et en particulier les métiers dits féminins.

L’entreprise ne peut plus être le dernier bastion de la monarchie de droit divin o ù actionnaires et managers décident seuls de l’avenir de salarié-e-s et de territoires, sans avoir à l’esprit autre chose que le montant des dividendes qui leur seront versés et la valeur de l’action cotée en Bourse.

L’entreprise n’est qu’un mode d’organisation d’une communauté humaine en vue de l’action et de la création collectives. Elle n’est pas la propriété des apporteurs de capitaux. Il est grand temps de lui donner un statut juridique et de partager enfin le pouvoir en son sein comme c’est déjà le cas pour les entreprises relevant de l’économie sociale et solidaire.

Un autre chemin – Faire entrer l’égalité entre les femmes et les hommes dans le XXIe siècle

Les mouvements que les femmes ont engagés pour reprendre le pouvoir sur leur travail, sur leur vie familiale ou sur leur activité citoyenne libèrent chaque jour des forces nouvelles. C’est sur elles qu’il faut s’appuyer pour renverser une bonne fois pour toutes la domination patriarcale.

Nous en appelons à un vaste mouvement libérateur, de la lutte contre les violences faites aux femmes à la fin des stéréotypes de genre en passant par la maîtrise du corps, pour mettre un terme au rôle subordonné que l’on impose encore aux femmes, dans tous les domaines de leur vie privée et publique.

Un autre chemin – Au cœur du changement démocratique : la culture

Nous pensons qu’il ne peut y avoir de société sans partage des savoirs et de la culture et sans un considérable effort de formation et d’ouverture au monde, à la création. Le capitalisme divise, fractionne, isole, fragmente : construisons du commun, de la coopération. Jamais les besoins de formation et de créativité n’ont été si nécessaires mais le refus obstiné de les financer et de les promouvoir conduit toute la société dans le mur. Sortons de cette contradiction régressive en plaçant au centre la bataille pour ces droits. En partageant les compétences entre l’État et les collectivités locales, nous garantirons les droits culturels de tous à un haut niveau d’exigence artistique, « une culture élitaire pour tous » en quelque sorte. En créant un service public de l’Internet nous permettrons le libre partage des savoirs, des œuvres et des idées. En faisant la promotion de formes nouvelles de production, de création et de diffusion de l’art dans la pluralité et la diversité des expressions nous replacerons la culture au cœur du processus de changement.

Cela passe par les politiques culturelles, par les programmes scolaires et les pratiques éducatives, par l’éducation populaire et les associations. A l’aune de ces enjeux, les programmes et les pratiques scolaires doivent être repensés, pour construire une culture commune de haut niveau et donner à tous les moyens de se l’approprier. Relance de la formation initiale et continue des enseignant-e-s, place des cultures artistiques, sportives, techniques et professionnelles, tout cela doit être renforcé. Socialisation de l’art, développement de l’esprit critique, travail de rapprochement entre art et éducation populaire, soutien aux créatrices et créateurs ainsi qu’aux militantes et militants de l’action culturelle et artistique à l’école, dans la cité, dans l’espace du travail : voilà de quoi donner du sens à l’immense potentiel émancipateur de la culture. Voilà qui est de nature à reconstruire un vivre ensemble fondé sur un nouveau souffle de la démocratie, sur la reconnaissance et le partage des cultures diverses et leur mise en relation dans tous les territoires.

Un autre chemin – Répondre au défi climatique

L’urgence des urgences c’est la limitation du réchauffement de la planète à 2°C maximum. La bataille est engagée et doit prendre une nouvelle ampleur citoyenne pour un bon accord lors de « Paris Climat 2015 ». Les obstacles présentés par les pays riches et industrialisés doivent être combattus. Ils doivent s’engager financièrement à la hauteur de leurs promesses de Copenhague. Ils doivent transférer les technologies avec les brevets associés vers les pays du Sud afin de leur permettre d’accéder au progrès en évitant de réitérer nos erreurs. C’est le sens de la campagne politique et citoyenne que nous avons engagée en lien avec des forces politiques, sociales, syndicales et associatives en France, en Europe et dans le monde.

Tout retard pris sur cette grave question sera préjudiciable à l’ humanité. Consommer moins pour les mêmes usages et économiser l’énergie dans l’habitat et les transports est essentiel et créateur d’emplois.

Il est urgent de réduire progressivement, mais de façon massive, l’utilisation de ressources carbonées (pétrole, charbon, gaz…) responsables des émissions de gaz à effet de serre qui provoquent des catastrophes environnementales (sécheresse, élévation du niveau des mers, fonte des glaciers…) dont les conséquences sont imprévisibles et peuvent conduire au chaos. Des populations sont contraintes à se déplacer. Les réfugiés « climatiques » se comptent déjà par millions.

Le débat sur la transition énergétique est engagé. Il doit prendre une vigoureuse ampleur planétaire. Il s’agit de satisfaire un réel droit à l’énergie pour toutes et tous, au prix le plus bas possible. Dans un contexte d’expansion des besoins énergétiques mondiaux, nous militons pour un mix énergétique, 100 % public, non émetteur de CO2, composé d’énergies renouvelables (hydraulique, géothermie, hydrolien, solaire thermique et photovoltaïque, etc.) et de nucléaire (pour lesquelles les normes internationales de sûreté devraient être définies).

Cela ne laisse aucune place aux politiques de déréglementation et de privatisation encouragées par l’Europe et les États libéraux.

Un nouveau modèle agricole, rémunérateur pour ces travailleuses et travailleurs doit promouvoir la valorisation, la transformation et la vente au plus près des consommateurs. À tous niveaux, les politiques agricoles et alimentaires doivent planifier la production, se réapproprier la régulation des marchés et accompagner la transition écologique de l’agriculture, favoriser les circuits courts, les filières bio.

Un autre chemin – La Démocratie : une République pour toutes et tous

Notre système politique et institutionnel, notre système de représentation est malade de l’absence de participation des citoyennes et des citoyens aux processus de décision, au point qu’une question se pose : sommes-nous encore en démocratie ?

La République est mise à mal, et la vie politique est enfermée dans le carcan d’une monarchie présidentielle. On remet en cause les collectivités locales qui sont des foyers de proximité citoyenne.

Pourtant, l’aspiration à participer est intacte : des mouvements citoyens, participatifs germent sur tout le territoire, et se cherchent. Le nouvel essor de la démocratie que nous proposons sera, d’un même mouvement, un appel à l’accès aux savoirs pour que chacun puisse s’en mêler. Nouvelle phase de démocratisation scolaire, prolongation de la scolarité obligatoire et donner du temps aux futures citoyennes et citoyens de s’approprier les savoirs nécessaires pour prendre en main leur destin, voilà qui doit ouvrir une nouvelle ère de la citoyenneté. Cette dernière passe aussi par un mouvement large de démocratisation des médias aujourd’hui concentrés entre les mains des puissants. Leur indépendance et leur pluralité doivent être assurées. Il faut initier une réappropriation populaire des médias en instaurant un droit de veto dans les rédactions sur la nomination des cadres éditoriaux et en faisant entrer les salariés aux conseils d’administration. Le service public de l’audiovisuel doit être conforté dans ses missions et ses moyens.

Il faut dépasser le régime présidentiel, en donnant des pouvoirs réels aux citoyennes et aux citoyens, en leur ouvrant des droits aussi bien dans la cité que dans l’entreprise, en relançant en grand une vie associative et une éducation populaire modernes, en instituant une démocratie parlementaire, la proportionnelle, la parité et le non cumul des mandats, avec un statut de l’élu-e, en agissant pour réformer la construction et le fonctionnement de l’Europe.

Cela passe par un processus constituant d’une VIe République, sociale, démocratique, paritaire et citoyenne.

Un autre chemin – Une nation de liberté et d’égalité

Les inégalités minent la société. Avoir telle couleur, telle religion, telle sexualité ne devrait pas être un problème dans une société sereine. Pourtant, les discriminations, les peurs, les listes même existent. On veut nous classer, nous enfermer, nous opposer. Ça ne peut plus continuer. Il est temps de refuser une conception figée d’une prétendue identité nationale enfermant les individus dans des catégories ethniques, culturelles ou religieuses. La nation France dans laquelle nous voulons vivre est une nation ouverte et construite sur le principe de l’égalité pour toutes et tous. Il est temps de prendre le chemin de la laïcité, qui assure la liberté de conscience et l’égalité des citoyennes et des citoyens – quoi que puissent en dire les instrumentalisations de la droite et de son extrême.

Nous voulons promouvoir une laïcité fondée sur une culture partagée qui considère « l’autre » comme notre semblable, à égale dignité et dans l’acceptation des différences.

Il faut donc réaffirmer ces valeurs imprescriptibles : oui, la liberté est un droit universel et elle va de pair avec l’égalité de toutes et tous.

Il ne faut rien lâcher pour la défense, la reconnaissance et l’extension des libertés individuelles, notamment de la liberté d’expression, de culte, d’association syndicale et politique, comme de la liberté de disposer de ses biens et la liberté d’entreprendre.

L’égalité ne se confond d’aucune manière avec un égalitarisme qui remettrait en question le droit à la différence. Elle est inséparable de la liberté de choix et de l’égalité en droits.

La justice sociale, elle, ne peut se limiter à l’égalité des chances. Elle suppose de se donner les moyens d’une égale liberté des individus dans le choix et la conduite de leur vie.

Cela suppose la reconnaissance de droits sociaux au-delà des droits individuels et politiques, le droit au travail, à la santé, au logement, à la formation, à la culture, à la mobilité… dont la garantie passe par le développement des services publics.

Le combat antiraciste s’inscrit parmi les conditions essentielles pour avancer dans le sens du changement. Ce sont des questions de classe qui sont posées car les divisions et les concurrences nourrissent le désespoir et les rejets.

Mais si la domination capital/travail demeure la structure dominante des sociétés dans le monde, le patriarcat traverse les structures de classes. Aussi le féminisme est-il le vecteur de toute transformation. Au fond, nous proposons de faire de la conquête et l’exercice des droits une construction commune pour faire avancer toute la société.

Un autre chemin – Ville et ruralité : repenser les territoires

Penser les territoires, la ville de demain et l’avenir de la ruralité est devenu indispensable. Le recul des politiques publiques d’aménagement, la mise en concurrence des territoires, les inégalités de développement économique, la fermeture de services publics, les réformes institutionnelles successives ont profondément fragilisé la cohésion territoriale de notre pays. Demain, 80 % de la population habitera en ville, pourtant cette dernière est aujourd’hui au cœur de la fabrique des inégalités et ne répond plus aux besoins de ses populations. La crise du logement est profonde, et chaque année 100 000 Français sont dans l’obligation de quitter les centres-villes devenus inabordables. Les populations les plus fragilisées sont reléguées en périphérie, en proie à la relégation et à la discrimination territoriale.

L’heure est à repenser la « ville nouvelle », une ville durable, multifonctionnelle, fondée sur la mixité sociale, le bien- vivre et le droit à la ville pour tous. Rééquilibrer les territoires passe par la mise en œuvre d’une vraie solidarité, en renforçant notamment la péréquation financière et la loi de solidarité et de renouvellement urbain (SRU), en lançant un nouveau plan de rénovation urbaine, en investissant dans les services publics, notamment dans les transports, et en donnant à la politique de la ville les moyens de ses objectifs.

Construire la ville de demain, c’est aussi repenser son rapport avec le reste des territoires. À l’inverse de la logique actuelle qui favorise l’émergence de métropoles hyper centralisées, de pôles d’activités étanches qui condamnent le reste des territoires à la marginalité, nous devons impulser un mode de développement plus horizontal et homogène. Dans ce dispositif, la ruralité doit avoir toute sa place. Réinvestir les départements ruraux en faisant le pari de l’agriculture durable, de l’artisanat, du développement des savoir-faire, en redéployant un réseau de transports et de services publics au service des territoires et des populations, doit permettre à ces territoires de redevenir attractifs.

Cette nouvelle ambition dans l’aménagement du territoire, nous la couplons avec une haute exigence démocratique. Respecter les territoires et investir pleinement la souveraineté des citoyens vont de pair. A l’opposé des dernières réformes institutionnelles qui concourent à éloigner le pouvoir des citoyens, nous pensons que la modernité de la démocratie s’inscrit dans un rapport de proximité préservant la commune et favorisant les coopérations entre communes, départements et régions. Notre République, nous la voulons, une, indivisible et décentralisée. Chaque citoyen, quel que soit son lieu de résidence, doit pouvoir pleinement jouir de ses droits démocratiques d’intervention dans le débat public. Il faut stopper la dynamique actuelle de « technocratisation » de la vie publique en réinvestissant les territoires et le pouvoir citoyen.

Un autre chemin – Refonder l’Europe

Ce qui est vrai pour la France l’est pour l’Europe. L’actuelle construction européenne est l’exemple du déni démocratique.

Des peuples s’expriment par référendum : les dirigeants passent outre. Le peuple grec inscrit son avenir dans un autre chemin que celui de l’austérité sans fin : on veut l’écraser.

Là aussi : cela suffit !

Nous pensons possible que l’Europe devienne un espace de coopération et de solidarité contre les politiques libérales, et là encore nous ne sommes pas seuls. La victoire de Syriza en Grèce ne marque-t-elle pas le commencement de ce qu’il est possible de faire ? Telle qu’elle fonctionne, l’Europe refuse toute contestation, toute résistance à son modèle libéral. Quand l’Eurogroupe est contraint d’accepter la feuille de route du gouvernement d’Alexis Tsipras : taxer les grandes fortunes, lutter contre la corruption, combattre l’évasion fiscale, relever le salaire minimum, initier la résolution de la crise humanitaire… ce n’est certes pas encore « La » grande victoire sur le capitalisme dominant et le bras de fer est loin d’être terminé, mais c’est un passage qui s’ouvre pour s’émanciper des marchés.

Des batailles sont donc ouvertes dans toute l’Union européenne. Ce sont des batailles pour des solutions à la crise majeure qui mine l’Europe. Il nous faut les amplifier.

Nous disons : oui à une union de nations et de peuples souverains, libres et associés ! Nous voulons, à l’échelle de l’Europe et du monde, pousser les coopérations contre les dogmes de la marchandisation et de la libre circulation des capitaux. Si l’Europe doit être un acteur majeur au niveau mondial, notamment pour la transition écologique, alors la mise en commun et le partage sont incontournables. Avec des ambitions concrètes : comme un fonds européen de développement social qui utiliserait la monnaie crée par la Banque centrale européenne (BCE) pour financer un grand essor des services publics, au lieu de la laisser alimenter les profits financiers, la reconquête du pouvoir de création monétaire du système européen de banques centrales au service de l’emploi, la transformation sociale et écologique, la relance industrielle, l’Europe de la culture et son rôle majeur pour la paix dans le monde.

Voilà des enjeux fondamentaux que nous voulons faire vivre dans l’action. À l’opposé des renoncements de François Hollande, nous voulons une France qui reprenne l’initiative pour engager ces grandes politiques de relance sociale.

Nous ne sommes pas seuls en Europe à porter ce projet et ces contenus. Toute l’activité du Parti de la gauche européenne tend à unir ces forces progressistes afin de pousser à un nouveau rapport de force face au consensus néolibéral au service du capital. Nous y travaillons à créer des fronts progressistes, à approfondir nos coopérations, pour créer un véritable front social et politique européen tout en favorisant l’intervention populaire comme nous le faisons cette année avec le Forum européen des alternatives.

Un autre chemin – Construire un monde de paix et de solidarité

Le tableau du monde est inquiétant : tensions, conflits, crises, solutions militaires prenant le pas sur la diplomatie. La marchandisation impose l’organisation économique du monde. La concurrence libre et non faussée, les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tout est organisé pour faire obstacle aux solutions aux crises de système comme au gravissime problème du réchauffement planétaire. Avec une Organisation des nations unies (Onu) affaiblie, les puissants s’arrogent avec les G7 et autre G20 des droits exorbitants sur la marche du monde.

Est-ce là le monde dans lequel les habitantes et les habitants de la planète veulent vivre ? Est-ce comme cela que se trouveront les réponses aux fléaux qui touchent les plus démunis des peuples, la faim, la malnutrition, les épidémies, le sous-développement ? Est-ce comme cela que nous assurerons l’avenir de la planète Terre, notre bien commun et que nous ferons face aux immenses enjeux d’énergie, de ressources naturelles et de climat ?

Là aussi la question posée est : peut-on peser sur les événements ? Les puissants ne le sont-ils pas trop pour pouvoir encore espérer agir sur le cours des choses ? Nous pensons que les affaires du monde regardent les citoyennes et les citoyens. Les interactions sont d’ailleurs partout : le conflit ukrainien et l’approvisionnement en gaz, les guerres de Libye ou d’Irak et le développement d’attentats, la guerre économique et les prix. Chacune et chacun est concerné. Le monde est un tout et nous en sommes. D’ailleurs, malgré les difficultés, des peuples se dressent, du printemps tunisien à la résistance de Kobané, avec chaque fois les femmes en première ligne.

La France peut et doit avoir un grand rôle à jouer pour promouvoir la paix et la diplomatie contre la guerre, user de son droit de veto à l’Onu, mobiliser son réseau diplomatique, œuvrer pour des institutions internationales justes, respectueuses des États et des peuples et qui agissent au service des besoins humains. Oui, la France devrait parler fort et non se couler dans le sillage des États-Unis et de l’Organisation du traité de l’Atlantique-nord (Otan). Elle devrait refuser le concept de bloc et pourrait prendre des initiatives pour le désarmement nucléaire, contre le Traité de libre-échange transatlantique négocié dans notre dos. Elle devrait travailler activement au règlement des conflits ou des dettes souveraines. À cet effet, il faut réfléchir à un outil de défense digne de nom entre les mains d’un parlement et de son peuple et non dans les seules mains du président de la République. Il est essentiel que ces enjeux majeurs deviennent des questions populaires.