Ensemble, nous sommes et la force et l’espoir

Les femmes, les hommes, les potentialités et les forces existent pour ouvrir une autre voie que celle de l’enfoncement de la France, de l’Europe et du monde dans la crise sans fin où nous conduit le capitalisme mondialisé. Nous ne sommes pas impuissants à changer le monde, à sortir la France et l’Europe de la crise contrairement à ce que nous répètent à longueur d’antenne ceux qui monopolisent la parole et les pouvoirs. Les forces existent, elles sont nombreuses à gauche mais elles sont trop souvent isolées, étouffées, déstabilisées. Nous voulons les rassembler, car unies elles sont l’avenir.

Ce texte est une invitation à construire ensemble le nouveau projet d’émancipation humaine qui nous rassemblera pour retrouver l’espoir. Il soumet au débat des réflexions pour une nouvelle société, ainsi que les grands axes pour un programme d’action qui pourrait sans tarder engager la France dans la voie de cette nouvelle visée émancipatrice.

C’est un point de départ pour construire la confiance, donner envie de s’engager dans ce travail collectif. Il est un appel à la mobilisation de toutes les intelligences, de toutes les volontés pour se donner ensemble les moyens de surmonter les obstacles.

Dans une première partie, il verse au débat des analyses, des enjeux et défis à relever ; puis, parce qu’il se veut aussi utile dès maintenant aux mobilisations, il propose 15 chantiers d’action que nous jugeons prioritaires et 15 mesures d’urgence pour engager une sortie de l’austérité et se dégager des dogmes du libéralisme.

Il y a dix ans, les Français avaient raison, un grand nombre de forces disaient NON à l’Europe libérale en rejetant le traité constitutionnel européen. Ce vote a été bafoué. Aujourd’hui plus encore, un autre avenir hors de l’austérité est nécessaire. La France du progrès, que d’aucuns souhaitent toujours faire taire, existe encore. Elle dénonce le pouvoir de la finance et connaît la valeur du travail qu’elle ne supporte pas de voir dévalorisé et précarisé. Elle comprend qu’un nouveau modèle productif doit être inventé. Elle sait que nous n’avons qu’une planète et que nous devons la protéger. Elle soutient le mariage pour tous ou refuse le retour de la peine de mort. Elle s’est levée, le 11 janvier, meurtrie pour défendre le vivre-ensemble et la liberté d’expression. Ces femmes et ces hommes qui font la France savent qu’elle n’est pas une entité figée mais se nourrit du brassage des cultures et des savoirs.

Oui, cette France existe ! Elle doit aujourd’hui écrire son histoire en retrouvant le goût de l’action commune et du rassemblement. Nous sommes avec elles et avec eux car nous partageons les mêmes exigences, les mêmes espoirs.

5 réflexions au sujet de « Ensemble, nous sommes et la force et l’espoir »

  1.  
    Depuis bientôt dix ans, nous poursuivons deux objectifs : avoir une base programmatique de rassemblement pour les organisations et citoyens désirant, avec le Front de Gauche, sortir des options libérales qui guident actuellement la politique de notre pays et la construction européenne; avoir en tant que communistes un projet de société, à bien plus long terme, enthousiasmant et émancipateur, sorte de « communisme du XXIème siècle »…..A mon avis, nous le faisons sans suffisamment distinguer les deux préoccupations. Pour la première il s’agit de propositions à élaborer avec d’autres, ce qui suppose des compromis dont nous jugeons du contenu selon qu’ils constituent ou non une avancée, même partielle, vers notre projet antilibéral pour sortir de la crise (c’est ce à quoi contribue positivement « la France en commun). Pour le second il s’agit d’avoir un projet de société qui nous soit propre, à plus long terme : le communisme tel que nous l’envisageons dans ses grandes options…..Et là, tout semble rester à faire, ou presque.
     
    Dans ce travail sur le projet, et parce que depuis trente ans nous résistons aux sirènes qui nous suggèrent de changer le nom de notre parti et d’abandonner le référence communiste trop connotée, nous devons me semble t il, au lieu d’un projet complètement nouveau et certes en rapport avec les enjeux actuels, montrer la continuité avec nos origines et notre histoire.…..Ce qui à mon avis manque à nos élaborations et déstabilise un nombre importants de militants plus anciens qui n’y retrouvent pas, ou mal, leurs « classiques, sans passionner les plus jeunes qui n’y trouvent ni le rêve ni le niveau utopique indispensable à l’idée communiste pour « ré allumer les étoiles ». Et nous devons le faire en se souvenant de Marx disant à ses amis sociaux-démocrates allemands : « si être marxiste consiste à avoir un projet tout ficelé auquel il s’agit de conformer la société, alors je ne luis pas »…..« le communisme, c’est le mouvement réel qui abolit l’ordre ancien ».
     
    Nous devons montrer en quoi le capitalisme d’aujourd’hui est le prolongement historique de celui que dénonçaient les pères fondateurs en en montrant les mécanismes intimes dans « Le Capital » ; que nos analyses actuelles ne font que prolonger, sans dogmatisme et avec de multiples enrichissements, les analyses synthétisées dans le « manifeste communiste » du XIXeme siècle……bref qu’il  s’agit bien toujours du même combat émancipateur dans une société qui n’a pas changé de nature profonde.…..C’est d’ailleurs bien ce que nous continuons d’enseigner dans nos écoles pour former nos militants : l’analyse marxiste de la société et le point de vue communiste sur les défis et enjeux contemporains.
     
    Alors pourquoi, en tous cas c’est mon ressenti, cette posture de parti qui naitrait au début du XXIeme, sans Histoire ni origines, ou les souvenirs et acquis historiques en resteraient à 36 et au CNR, et ou toute notre expérience des cinquante dernières années disparaissent dans une espèce de « trou noir » qui absorbe tout dans la poubelle de l’histoire ?….Avons nous peur de revenir sur des périodes douloureuses et qui nous ont coûté cher : l’URSS et le stalinisme qui continuent de nous coller aux pattes et nous fait voir encore comme une vestige du passé ; le Programme Commun et nos rapports au PS dont historiquement nous avons fait les frais ; voire les errements de la période R Hue ?…..Je pense que nous ne gagnerons rien à ce genre d’impasses, rien sauf à en revenir à une vison historique de ce que nous sommes, de nos analyses actuelles et de notre projet.
     
    Et c’est avec cette recherche de cohérence en tête que je me suis essayé fin 2014, dans notre journal de section de Figeac, à mettre en rapport nos analyses d’aujourd’hui et le projet communiste, avec quelques grands nœuds de préoccupations du marxisme originel : la propriété, l’Etat, le travail, l’internationalisme, les rapports hommes / nature……..En mesurant tous les développements qu’ils supposent (d’ailleurs abordés par la commission du projet mais sans la continuité historique que je suggère), notamment ce grand enjeu nouveau que constitue la construction Européenne, (positivement développé dans « la France en commun »), et qui interfère avec chacun des sujets évoqués. Notamment aussi, en matière institutionnelle, sur une vision actualisée et prospective de la laïcité.
     
    Je livre ce travail à qui voudra s’y attarder.
    Michel Dauba, membre du CC puis du CN de 83 à 99.
     

    1. Salut Michel

      très intéressé par tes contributions. Pourrais-tu me les envoyer s’il te plait.

      Je suis secrétaire de section, et membre de l’exécutif départemental du PCF13 chargé des entreprises et du projet industriel, de l’agriculture.

      Comme on dit chez nous  : bon bout d’an à toi et ta famille

      Fraternellement

  2.  
    Souvent sur le marché, le plus fréquemment pour nous chambrer amicalement, on nous dit : « ça existe encore le PCF et le communisme ?»…… Au-delà du PCF qui ne prétend pas en avoir l’exclusivité, qu’est ce au juste que le communisme ?…. Au-delà aussi de la seule expérience historique qui s’en soit réclamée : le soviétisme stalinien de la défunte URSS et son effondrement.
     
    Comment pourrions-nous d’ailleurs échapper à un jugement qui nous identifie, nous le PCF, à une expérience que nous avons soutenue jusqu’au bout ? La vérité est que tous ceux d’entre nous qui avaient séjourné dans les pays dits « socialistes » en revenaient avec le sentiment que ce n’était pas ce qu’ils souhaitaient pour la France. Mais nous n’avons pas voulu   tirer des buts contre notre camp, contre ceux qui se réclamaient comme nous du communisme,  malgré par exemple notre condamnation significative de l’intervention de l’URSS contre le « Printemps de Prague ». Nous avons probablement eu tord de ne rien dire publiquement, et d’avoir attendu, jusqu’à la Perestroïka de Gorbatchev à laquelle nous avons cru, qu’ils soient capables de se réformer dans un sens plus démocratique……La rapidité de l’effondrement qui a suivi montre que le ver avait déjà mangé tout le fruit.
     
    Mais s’il a été dit du communisme au XIXeme qu’il était  « un spectre » qui « hantait l’Europe », l’effondrement de l’URSS à la fin du XXeme ne retire rien à la crise systémique profonde qui mine le capitalisme : économique, sociale, politique et institutionnelle, tant au plan mondial que national et européen. Et ce capitalisme ne pouvant être « la fin de l’Histoire », l’idée communiste (pourquoi ne pas dire l’« utopie communiste» à condition de s’entendre sur le concept d’utopie ?) mérite d’être présenté et envisagé, sans dogmatisme, comme une perspective émancipatrice.
     
    Le communisme veut être, partant d’une analyse critique de la société capitaliste dans laquelle nous vivons, un « humanisme » visant à libérer l’humanité de toutes les aliénations qui gâchent les vies individuelles. Et plutôt qu’un projet idéal auquel il faudrait conformer la société, il prétend être « le mouvement réel qui abolit l’ordre ancien »……Il est donc un processus de transformation continue et de luttes sociales.
     
    Ceci étant, l’analyse portée par les communistes sur le capitalisme conduit à distinguer quelques grands thèmes centraux de transformations nécessaires, entre autres : sur la propriété, sur l’Etat, sur le travail, sur la nation et l’internationalisme, sur les rapports de l’homme à la nature
     
    On le voit à nos écrits et aux débats que nous organisons, le PCF réagit aux réformes mis en œuvre par les différends gouvernements et avance des propositions de court et moyen terme, selon qu’elles soient ou non une avancée, même partielle, vers ces tranformations plus profondes et radicales et s’inscrivant dans la perspective du communisme qui reste notre projet pour la société et pour le monde.
     

  3. Le PCF dans son combat contre le capitalisme consacre, de façon très logique avec son analyse de la société, toute son attention sur la violence patronale et les « requins de la finance » Il a appris depuis la commune de Paris (qui avait un peu oublié ce combat, mais qui avait démarré un immense espoir pour de nouvelles relations humaines) qu’il était impossible de changer l’ordre des choses sans s’en prendre aux banques.
    André Wurmser, ancien éditorialiste à l’Huma, disait que le problème avec les communistes c’est qu’ils ont fondamentalement raison. Mais il disait aussi que cela ne suffisait pas. Encore faut-il avoir aussi raison dans le quotidien. C’est toute la question de la difficulté  de passer des intentions aux actes.
    Il ne s’agit plus à notre époque de s’arc-bouter sur une quelconque orthodoxie marxiste, mais de faire du marxisme une base souple adaptée à notre monde, et vivante.
    Du fait du capitalisme, notre monde actuel se trouve embourbé dans un énorme foutoir qui broie les vies, détruit notre terre, nous entraine dans un tourbillon infernal et mortifère, et produit du gaspillage et du désespoir (Je veux parler de la misère, de toutes les formes de détresse, en particulier du chômage, des souffrances au travail, des suicides, des inégalités de toutes sortes,  du gaspillage humain, de la complexité de la vie moderne, des moyens actuels pour le capital d’obtenir la surexploitation des salariés, de l’afflux de réfugiés, de l’état de déliquescence dans laquelle est tombée l’idée même de démocratie…)
    Alors que les forces et les moyens pour bien vivre existent.
    Présenter alors du rêve, (« rallumer les étoiles ») peut être séduisant, et même nécessaire, mais risque fort d’être contre productif si les mesures concrètes pour aujourd’hui ne sont pas visibles.
    Je pose la question: le « projet d’émancipation humaine », dernier en date des documents proposés à la réflexion par le PCF, fait-il suffisamment la part entre le rêve et le concret pour aujourd’hui?

    Je vois que ses rédacteurs se sont préoccupés d’y parvenir en rédigeant 34 pages sur les grands principes, puis ensuite 10 pages de « chantiers prioritaires », pour terminer par 2 pages de « mesures d’urgence »

    Très bien! Moi je dis d’abord sincèrement merci à tous ceux qui ont permis ce travail et à tous ceux qui y ont oeuvré parce qu’il devrait permettre de refonder une véritable perspective d’améliorations.

    Mais en même temps j’entrevois de quelles façons le capitalisme pourrait parvenir à ressemer le désarroi par sa capacité encore féconde à se saisir des désordres qu’il provoque pour asseoir un peu plus sa domination.

    Je pourrais prendre comme exemple les dégâts dus aux pesticides, qui donnent l’occasion aux grandes sociétés de production d’eau potable de faire du profit avec le traitement de l’eau.
    Je pourrais prendre l’exemple aussi du défi climatique qui est en train de faire l’objet d’une vaste récupération dans le seul but de trouver une nouvelle filière capitaliste juteuse.
    Je pourrais aussi prendre l’exemple de la recherche qui stagne parce qu’elle nécessiterait soit disant une quantité d’évaluations bureaucratiques, alors que les possibilités de progrès qu’elle offre sont immenses.

    Je pourrais multiplier les exemples presque à l’infini. Mais je vais m’arrêter seulement sur celui du combat des féministes contre le patriarcat, qui joue un rôle fondamental  en effet dans « l’ordre » capitaliste. Pourtant cette lutte contre la domination masculine ne relève pas d’un combat de classes: Il ne faut pas confondre l’exploitation que font les patrons de leur personnel avec les inégalités entre les hommes et les femmes. D’ailleurs la quasi totalité des hommes ne trouvent aucun avantage à cette domination patriarcale, bien au contraire! Elle est source de multiples tensions et conflits dont on voit par exemple les effets dans le nombre de divorces. Alors pourquoi « l’ordre » patriarcal est-il encore aussi dominant? Peut-on se contenter d’en appeler à un « vaste mouvement libérateur », précisant seulement qu’il s’agit de lutter contre les violences faites aux femmes (qui sont insupportables en effet)  mais sans mentionner au moins un petit peu dans le même paragraphe celles faites aux hommes qui sont beaucoup plus nombreux que les femmes à se suicider. Dans cet exemple il parait évident que le capitalisme a intérêt à jeter de l’huile sur le feu. Ne le laissons pas faire!

    Où voit-on dans cette réflexion l’urgence absolue de mettre en place des dispositifs  simples et rapides empêchant toute tentative d’appropriation d’un pouvoir soit disant providentiel, dissimulant des arrières pensées totalement étrangères au bien public?

    On assiste en ce moment avec l’état d’urgence, et le court circuitage de la magistrature à un renforcement encore de l’arbitraire. Ce  combat contre  cette tendance ne serait-il pas à ranger en première ligne de la vitrine? (Et encore, quand on voit l’affaire des syndicalistes de Goodyear, on peut se dire que la magistrature actuelle ne fonctionne déjà pas comme elle devrait.)

    Parce que je ne veux pas être bavard (je l’ai déjà été de trop) je n’ai pas de proposition d’amendement tout fait. Je souhaite seulement que ce document soit relu en gardant en tête ces questions. Je suis convaincu alors que les améliorations correspondantes viendront d’elles même.

  4.  
    il est certain et confirmé que l’Europe est « partie d’un très mauvais pied ». Mais l’écart – considérable – existant entre le FN et le PCF est la considération pour autrui, qui qu’il soit : Français(e), Européen(ne), Etranger de tel continent !
    Comment faire face aux besoins ? Et bien en mettant à leur disposition des moyens.
    Les propriétaires de ces moyens là ne le veulent pas ? Alors il faut saisir ! Il n’est plus temps de négocier, à l’heure où 4/5e de la planète meurt au « bénéfice » d’ 1/4 indifférent ! (Et les réelles proportions sont pires que celles-ci !
    Les jeunes sont emportés par une culture de la réussite acquise… au détriment d’autres (ce qu’on appelle concurrence et qui est un « jeu » totalement faussé par les déséquilibre des moyens pour y entrer) !
    D’aucuns évoquent la nécessité de « préserver le Capital »… parce qu’il SERAIT créateur d’emplois. Mais qu’Est-ce que le Capital dans sa forme contemporaine ?
    Le « Grand Capital », c’est l’actionnariat. Ils veulent toujours plus de « rendement de leurs capitaux » ET CE A N’IMPORTE QUEL COÛT ! Si avides qu’ils sont prêts à former des indiens, des pakistanais, des chinois et des latino-américains ou des européens d’ailleurs, se satisfaisant de salaires bas (à l’embauche… car ils n’ont encore JAMAIS vécu en France ni dans les sociétés occidentales). Seule façon de rendre service A TOUT LE MONDE surtout aux exploités de partout sur cette planète, une « Internationale Syndicale » efficace rendant ces sordides « marchés aux bestiaux » impossibles ! Une seule voie politique possible pour appuyer une telle action à l’échelon planétaire : le Communisme ! Ce n’est pas un « gros mot » et les cervelles de pois-chiche qui n’en veulent pas en se gargarisant de mots comme : stalinisme, totalitarisme etc. n’ont rien lu de l’histoire du Parti Communiste FRANCAIS !!!
    Oeuvrons donc à l’avènement de la force politique communiste.
     

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