Un autre chemin – Faire de l’émancipation des travailleuses et des travailleurs le moteur de la transformation sociale

Assez du travail contraint, méprisé et dévalorisé.
Les valeurs de la République ne peuvent plus s’arrêter aux portes de l’entreprise.

Celles et ceux qui, par leur travail, créent les richesses doivent pouvoir prendre en main leur avenir. En mettant en commun leur intelligence collective, elles et ils doivent être les actrices et les acteurs de la transformation sociale.

L’organisation du travail ne peut plus être l’apanage du bureau des méthodes et de responsables de la gestion des ressources humaines, organisant la concurrence et la compétition permanente entre salariés. Les travailleuses et les travailleurs doivent pouvoir reprendre la main sur leur travail, lui donner un sens, libérer leur créativité, et accroître leur compétence dans le cadre d’une organisation collective coopérative. C’est autant une question de liberté que d’efficacité sociale.

Il faut en finir avec les discriminations professionnelles entre les femmes et les hommes qui prolongent dans l’organisation du travail salarié la répartition des rôles selon les sexes pour tirer les conditions de travail et les salaires vers le bas. Il est temps de revaloriser les métiers, et en particulier les métiers dits féminins.

L’entreprise ne peut plus être le dernier bastion de la monarchie de droit divin o ù actionnaires et managers décident seuls de l’avenir de salarié-e-s et de territoires, sans avoir à l’esprit autre chose que le montant des dividendes qui leur seront versés et la valeur de l’action cotée en Bourse.

L’entreprise n’est qu’un mode d’organisation d’une communauté humaine en vue de l’action et de la création collectives. Elle n’est pas la propriété des apporteurs de capitaux. Il est grand temps de lui donner un statut juridique et de partager enfin le pouvoir en son sein comme c’est déjà le cas pour les entreprises relevant de l’économie sociale et solidaire.

Une réflexion au sujet de « Un autre chemin – Faire de l’émancipation des travailleuses et des travailleurs le moteur de la transformation sociale »

  1.  
    Pour les communistes, le travail est un concept plus précis que l’activité humaine productive au cours de l’Histoire. Il caractérise l’acte productif de richesses nouvelles dans le rapport social particulier du capitalisme : le rapport salarial où un ouvrier ou un employé, voire un cadre ou ingénieur, met sa capacité de travail, manuelle ou intellectuelle, à la disposition d’un employeur qui, l’emploie et donc l’exploite en vue d’un profit, contre un salaire, et en use dans les limites du droit social, lui même fruit d’un rapport des forces collectif……Pourquoi ce distinguo ?….Parce que, contrairement à l’artisan du moyen âge qui non seulement conçoit son produit et ses outils, en assure la commercialisation et en recueille les fruits, le capitalisme a pratiqué une division sans cesse grandissante des activités, jusqu’aux spécialisations / divisions des tâches telles que nous les vivons aujourd’hui, entrainant une double aliénation : le travailleur, que ce soit dans l’industrie, le commerce ou les services, ne maitrise qu’une part limitée de l’activité utile à laquelle il participe ; il ne recueille qu’une part de la richesse qu’il crée au travers de son salaire
     
    On en était là au moment ou est publié le « manifeste communiste » dans la deuxième partie du XIXème siècle : un capitalisme industriel et commercial en voie de concentration, le plus souvent familial et très partiellement financiarisé…..avec un salariat essentiellement ouvrier…..Voila pourquoi les premiers partis communistes se déclarèrent « partis de la classe ouvrière ».
     
    Aujourd’hui, non seulement le salariat s’est diversifié (industrie, recherche développement, grande distribution, services dans leur diversité), avec un éventail élargi des niveaux de formations entrainant une forme d’inégalité sociale (même si celle-ci n’a rien à voir avec celle entre le salariat dans son ensemble et les des détenteurs de capitaux ou le grand patronat). La bourgeoisie elle-même a considérablement évolué : le capitalisme financier (la Bourse et le capital de placement) a remplacé le capitalisme familial même si ce sont bien des particuliers qui détiennent toujours la fortune. Ceux qui dirigent les entreprises (les grandes et les moyennes) et détiennent les leviers de l’économie sont des financiers qui gèrent leurs placements au mieux des rentabilités escomptées, en se souciant peu des activités qu’ils financent à l’échelle du monde entier……Et en se mondialisant au mieux de leurs intérêts financiers, ils ont délocalisé les activités productives vers les pays à bas coûts salariaux. Ce faisant, ils ont participé à cette illusion de la disparition de la classe ouvrière : la vérité est qu’à l’échelle mondiale, avec la Chine et l’Inde, la classe ouvrière est en renforcement indiscutable et le nombre d’êtres humains insérés dans les rapports capitalistes d’exploitation ne fait que grandir.
     
    Et à ce stade de la financiarisation des entreprises et de l’économie, il faut réinsister sur le fait que seul le travail salarié est créateur de richesses nouvelles. Et que les revenus salariaux et ceux du capital sont d’une nature complètement différente. Les salaires, dont les « charges sociales », sont une partie seulement de la valeur du travail fourni et retournent pour l’essentiel à la consommation donc à l’économie. Les revenus du capital correspondent eux, en totalité, à un prélèvement sur le travail salarié (par l’exploitation dans les entreprises, par la rente financière pour les détenteurs de capitaux du marché financier), et retournent pour l’essentiel à la spéculation financière et pour une part moindre à l’investissement utile, voire pour une petite part à la consommation, souvent de luxe.….Voila pourquoi, chaque fois qu’on parle justice fiscale et inégalités, qu’on oppose coûts du travail (dont la protection sociale) et coûts du capital, on ne peut traiter de la même façon les revenus du travail et ceux du capital : les premiers sont utiles à l’économie ; les seconds sont prédateurs et parasitaires….Ce sont eux qu’il faut taxer !
     
    Quelles évolutions du travail peut on envisager dans la perspective communiste ?…..Rêvons un peu (même si la situation de crise n’y incite pas beaucoup), à l’heure de la révolution technologique et informationnelle, à l’heure ou nous allons devoir peu ou prou relever les défis du monde : écologiques et démographiques, en plus de la misère et du sous développement.
     
    Economes en matières premières et en énergies, rendant possible la libre circulation des connaissances et des informations dans des conditions de partage et de coopération libérées des contraintes de la concurrence (secret et propriété industriels), les nouvelles technologies et les réseaux de communication seront des outils privilégiés. Mais ils requièrent un niveau sans précédent des qualifications humaines. Il faut donc nous préparer à une forme nouvelle du travail et de la structure du temps à lui consacrer : statut nouveau de la formation initiale, articulée à une formation continue tout au long de sa vie professionnelle ; culture générale de haut niveau, dont la culture scientifique et technique, pour que les divisions du travail, inévitables dans les économies moderne, ne soient plus facteur d’aliénation et pour permettre à chacun de situer son activité dans celles plus large de son secteur d’activité et dans la société. Dans cette perspective, les gains de productivité sans précédents du travail, dors et déjà obtenus, rendent inévitable et nécessaire une nouvelle étape de réduction du temps de travail productif direct : alterneront des périodes productives et des périodes de formation.
     
    Nous communistes, pensons même à une société développée ou le haut niveau de culture et de formation de tous permettrait la disparition des divisions entre travail manuel et travail intellectuel, entre conception et exécution, entre « temps libre » et « temps contraint »….ou chacun répartirait son temps, outre des loisirs riches, entre travaux de recherche, d’études et d’industrialisation, voire de production-exécution qui en découleraient……Utopie direz vous ?  Et pourtant…… Déjà dans la recherche on travaille un peu comme ça !
     

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